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Il naît dans cette période de révolution et est passionné par Napoléon. A 16 ans, il rentre à l’école polytechnique en 1814, école qui n’a qu’un an d’existence et va être fermée avec la restauration car elle est un nid de bonapartistes. Cette fermeture constituera le drame existentiel d’A. Comte car il n’a pu finir sa formation et n’est pas devenu professeur au sein de cette école (un de ses grands regrets). A. Comte est un des fondateurs de la sociologie, il baigne dans l’idéologie du progrès et reprend la thèse de Platon. Pour lui, ce ne sont plus les philosophes mais les savants qui pourront comprendre et anticiper les évolutions de la société. Il considère que la philosophie est dépassée car elle ne permet pas de saisir le monde issu de la révolution française. D’où, l’importance de créer une nouvelle science qui permettra de comprendre les règles qui régissent nos sociétés. Comte réfléchit, en tant qu’ingénieur, avec les critères de la physique et de la biologie en se disant que, sans doute, le modèle scientifique de cette philosophie d’un nouvel ordre se situera dans cette réflexion entre la physique et la biologie. A. Comte a été le secrétaire de Saint Simon et réclame la paternité d’un de ses ouvrages. Saint Simon se situait plutôt du côté de la biologie mais A. Comte a une intuition scientifique qui consiste à penser que si nous allons vers une nouvelle science, dont l’objet serait la société, il faut alors lui soumettre une méthode adaptée. Les deux grandes méthodes existant à l’époque étant :
l’empirisme/l’induction : partir des observations pour construire une théorie (tendance anglo-saxonne)
le modèle déductif : modèle théorique partant d’hypothèses, de lois et qui va vérifier par des observations/expériences la validité des théories sur une question étudiée
Pour Comte, cette nouvelle science nécessitera une méthode adaptée qui sera la synthèse de ces deux méthodes et qui sera qualifiée de méthode positive, au sens d’objective, vérifiable et fondée. Dans son œuvre Cours de philosophie positive, il fonde sa méthode de philosophie positive. Le positivisme est un mouvement qui applique la pensée rationnelle (relative aux découvertes scientifiques du 18ème/19ème siècle). Reste qu’il s’agit d’arriver à la même chose pour l’évolution des sociétés. Le but est de parvenir à analyser l’homme comme quelque chose de non humain, il est nécessaire de mettre de côté sa propre personnalité/expérience pour observer la société comme si je n’en faisais pas parti. On retrouve cette grande idée dans la pensée de Durkheim dont la sociologie est absolument positive (auteur déterminant pour l’école française de sociologie). A l’issue de cette pensée positive, Comte va mettre au point une organisation théorique qui consiste en la séparation des études sur les sociétés de celles sur l’homme dans le but de faire advenir de manière scientifique et raisonnée cette nouvelle science. Son idée est d’améliorer la société non pas en construisant une utopie mais en posant la discipline comme étant une nécessité dans l’horizon des sciences. Il s’agit de la partie solide, rationnelle et positive de son raisonnement.
Une partie de son raisonnement veut expliquer l’évolution des sociétés en prédisant un âge des sociétés qui serait moins rationnel. Il distingue trois états :
l’état théologique
l’état métaphysique
l’état scientifique
D’après Comte, les sociétés évoluent selon la manière dont elles se pensent. La société européenne du 14ème se pensait comme une partie du monde a la conquête d’autres parties du monde. La société chinoise se concevait comme une société complète qui ne manquait de rien (reste que l’Amérique fut découverte dès le 11ème siècle) mais il y eu une disparition des informations du fait que cette société se pensait comme complète et l’intérêt de cohabiter avec un autre monde ne se posait pas.
Au début de l’humanité, la vision théologique/fictive du monde fait que le principe divin s’applique à tous les aspects de la vie. Le moment métaphysique est l’état des sociétés qui se caractérise par le monothéisme, soit la croyance en une puissance supérieure mais qui n’intervient pas dans la vie quotidienne. L’époque du divin et la pensée monothéiste sont pensés comme principe et non comme action (principe explicatif de l’origine qui n’explique pas les actions). L’ère scientifique se caractérise par l’application d’une réflexion positive sur le monde. Les événements décisifs sont étudiés sous l’angle de l’explication rationnelle des destinées humaines. Descartes, dans Les méditations métaphysiques, approchait l’état scientifique, sauf que Comte s’occupe des principes positifs de l’existence humaine. Son parcours biographique a nuis à la qualité de sa réflexion car il s’est intronisé prêtre de l’église positive mais il laisse l’idée fondamentale qu’il n’y a pas de sociologie s’il n’y a pas de découverte de la rationalité des destinées humaines. Cette vision est héritée de Saint Simon et de toute la philosophie et une doctrine résume sa pensée : « pour qu’une société soit vraiment positive, il lui faut l’ordre et le progrès » (cf. Norbert Elias à propos d’A. Comte)