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À partir du moment où une valeur est attribuée au statut social, l’implication se comprend comme le fait que la personne va s’accorder en termes de qualités et de défauts par rapport à son statut.
L’individu intériorise/assimile, pour lui, les connotations et les caractéristiques qu’il attribue à une entité sociale dont il fait parti. Les représentations du “Soi” et du “Nous” ont des contenus communs empruntés au modèle culturel c.a.d ce que le discours ambiant véhicule et relatif à la biographie personnelle, soit l’expérience propre que le sujet aura eue de ce groupe. De ce fait, l’individu fait de même, mais dans le sens opposé, avec les groupes auxquels il n’appartient pas. De la sorte, un système de différenciation et d’opposition binaire entre ce qui est Soi et ce qui ne l’est pas, le même et l’autre, le positif et le négatif, est le principe constitutif de l’identité. Les inclusions et les exclusions, c.a.d entre nous et eux, sont ce qui permet de construire l’identité sociale subjective (celle que est appréhendée par la pensée/le raisonnement)
Le moyen d’avoir une gratification sociale est de se comparer/se mettre en compétition avec un groupe, auquel une valeur positive est accordée, et qui est considéré comme “bon”. Les auteurs Tajfel et Turner ont proposé un apport aux conceptions de l’identité sociale. Ils mettent en valeur le fait que les individus tentent d’établir une conception de Soi positive grâce à l’accès ou au maintien d’une identité sociale positive. L’identité sociale positive est basée en grande partie sur les comparaisons favorables qui peuvent être faites entre le groupe d’appartenance et certains autres groupes pertinents. Le groupe d’appartenance doit être perçu comme positivement différencié ou distinct d’autres groupes jugés pertinents c.a.d valables en termes d’estime et d’admiration. Lorsque l’identité sociale est insatisfaisante, les individus tenteront de quitter leur groupe pour rejoindre un groupe plus positif, ou bien de rendre leur groupe plus positif. La situation sociale doit permettre des comparaisons entre les groupes dans lesquels la sélection et l’évaluation des attributs pertinents sont possibles. Plus les groupes sont similaires ou proches, plus la comparabilité sera forte, c.a.d un groupe d’appartenance ne se compare pas à n’importe quel autre groupe, il faut que celui-ci apparaisse comme pertinent pour qu’il y ait une comparaison entre groupe.
On pourrait distinguer, d’un côté, les interactions entre deux individus ou plus où les individus sont totalement définis par leur relation interpersonnelle et leurs caractéristiques individuels, et non affectés par leurs divers groupes et catégories sociales d’appartenance. D’un autre côté, il y aurait les interactions entre deux individus ou plus où les individus sont totalement déterminés par leur appartenance respective à divers groupes et catégories sociales, et non affectés par les relations interindividuelles entre les personnes concernées. On pourrait faire correspondre aux comportements intergroupes et à la discrimination entre groupes, l’identité sociale, et aux comportements interpersonnels et à la différenciation entre soi et autrui, l’identité personnelle. L’idée est de pouvoir trouver une image de soi positive au sein de la société en recourant à son identité personnelle ou sa position sociale pour obtenir une valorisation par rapport à la société et pour apparaître dans la relation.
Les sujets agissent en terme de différenciation entre les groupes lorsque celle-ci représente pour eux le seul moyen d’avoir une auto-évaluation positive et d’accéder à une identité sociale positive. S’ils peuvent agir en terme de différenciation entre soi et autrui, les biais intergroupe ne se manifeste pas. Il y a recours à l’identité sociale lorsqu’il se produit un échec, c.a.d qu’il n’y a pas moyen de faire autrement pour avoir une identité sociale positive dans la relation, sorte de vernis social qui fait enveloppe et qui fait tenir l’individu avant qu’il ne s’effondre dans des états négatifs. Si l’individu, par son identification à un groupe, accède à une identité positive, il établit une différenciation entre les groupes mais il n’a plus tendance à établir une différenciation entre les membres de son groupe. De plus, si l’individu a la possibilité de se différencier directement d’autrui, et obtenir de cette façon une évaluation de lui-même, il n’établit plus de différenciation entre les différents groupes de son entourage (car il n’a plus besoin de le faire).
Ainsi, plus l’identité sociale est forte, moins l’individu a besoin d’une identité sociale puisque identité sociale comme identité personnelle satisfont un même besoin d’une image de soi positive. Cette explication résulte de la thèse de Turner qui parle, en 1987, de dépersonnalisation, qui est l’idée de perdre son identité personnelle par le fait de mettre en avant, dans les rapports sociaux, seulement son statut (ex : n’être plus qu’un costume). Les facteurs qui augmentent la saillance de la catégorisation intragroupe, versus hors groupe, tendent à augmenter l’identification, c.a.d la similitude, l’équivalence et l’interchangeabilité entre soi et les autres membres du groupe et, ainsi, dépersonnalisent le Soi sur les dimensions stéréotypées que qualifie le groupe d’appartenance. Les individus en viennent à se considérer avant tout comme des exemplaires interchangeables d’une catégorie plutôt que comme des personnes uniques et distinctes d’autrui.
Il s’agit d’une formalisation des éléments relatifs à l’identité sociale par rapport aux théories classiques en psychologie sociale (cf. Mead) et qui ne doit pas être confondue avec la topique freudienne. L’idée de Mead est de considérer deux instances qui répondraient à deux nécessités de l’individu :
s’adapter socialement à ses semblables
s’en distinguer personnellement
Mead considère l’identité sociale comme une adaptation de l’individu à son groupe. À côté de cela, l’individu apporte quelque chose qui lui est propre, c’est cet élément qui relève de la création et peut amener la société à changer de mouvement. Les expressions de Mead sont le “Moi”, le “Je” et le “Soi”. Pour lui, l’individu serait le fruit de deux instances qui ne seraient qu’une intériorisation des rôles sociaux et d’une composante plus personnelle : le “Je” (in Psychologie collective et analyse du Moi, Freud propose une identification par le Moi à un chef). Le Soi n’est donc pas simplement une organisation, une intériorisation des attitudes sociales, il n’y a pas que l’idée de nous adapter au monde dans lequel on existe. Le Soi d’un individu se développe à partir des jugements qu’autrui offre de lui à l’intérieur d’un contexte social, dans lequel cet individu et autrui interagissent. Si le Soi se constitue au travers de sa participation au processus social, il n’en résulte pas pour autant que le Soi de tous les individus soit identique et interchangeable. Il est difficile de rendre compte des différences individuelles, donc de la spécificité de chaque Soi, alors que le processus constitutif du Soi est identique pour chaque individu. Mead distingue en 1963 deux aspects dans le Soi :
le “Je” qui représenterait le Soi en tant que sujet
le “Moi” qui représenterait le Soi en tant qu’objet
“ Comme le “Je” est la réaction de l’organisme aux attitudes des autres, le “Moi” est l’ensemble organisé des attitudes des autres que l’on assume soi-même”. Ce qui constitue le Soi est la transposition, dans la conduite de l’individu, du processus qui lie un individu aux autres dans les interactions. Mead établit une distinction entre le Moi conformiste et le Je créatif. Un individu est conformiste, ses adaptations se produisent inconsciemment : il s’agit du Moi. Par ailleurs, il y a l’être qui a une personnalité définie qui réagit à l’attitude organisé avec une différence significative (sortes de licences autorisées au code pour y introduire une touche personnelle). Si le Moi pour Mead est mois une substance/structure qu’un processus, il émerge du passé de l’interaction avec autrui. Le processus du Moi a une fonction dans le présent qu’on peut qulifier d’ajustement à une situation donnée. Il est pouvoir de transformation dans la mesure où, de cet ajustement; surgit la nouveauté. L’homme affecte en continu la société par sa propre attitude. Parce qu’il prend l’attitude du groupe envers lui et y réagit, par cette réaction, il modifie l’attitude du groupe. Le Je représente l’aspect créateur du Soi qui répond aux attitudes d’autrui et le Moi est justement cet ensemble organisé des jugements d’autrui que le Soi assume (cf. L’identité sociale, Fischer et Bourgnet, Ed. Dunod)