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Le Moi représente la dimension imaginaire du sujet. Cette structuration s'appréhende à partir du "stade du miroir", expérience que fait l'enfant entre 6 et 18 mois. La mère authentifie sa découverte, il y a reconnaissance de sa propre mère pour l'enfant. Le Moi se structure sur le rapport à l'autre et, du coup, le point de vue de l'autre structure l'identité du Moi.
L'obstacle qui se manifeste est le désir pour l'autre, Saint Augustin mettra en exergue la jalousie de l'enfant. La séparation de l'élément différencié (la mère) intervient en tant qu'élément symbolique. Le Moi se constitue donc avec l'image du corps, lequel se construit avec l'autre. Dans toutes les relations, il y a cette dimension imaginaire de l'autre comme un semblable, sauf que cette dimension interfère dans la relation de parole car elle fait objection à la communication intersubjective directe. Ainsi, nul ne peut fonctionner isolément.
Le Moi renvoie à la façon dont le sujet se considère et fait état de la somme des identifications (sachant que la mère est le prototype) lesquelles constituent les expressions premières d'un lien affectif avec d'autres personnes.
Il existe trois types d'identifications (correspondant à une relation à l'autre) : les pairs, le symptôme et l'objet (désir d'avoir) sachant que le sujet et la femme apportant les soins sont les objets originaires. Les angoisses liées à l'absence de l'objet (la mère) sont de trois ordres : la privation, la castration et la frustration. Le Moi se construisant avec l'autre, ce rapport introduit la relation sur le plan imaginaire : l'enfant croit que l'autre est comme lui. L'élément symbolique entre en jeu par le bais de la demande de l'enfant (parole). Primitivement, l'enfant est privé de la demande, c'est pourquoi, les parents s'introduisent dans la demande permettant à l'enfant de demander (objet oral). L'objet anal relève d'une demande éducative (ainsi que le regard et la voix).
Le désir de l'autre constitue un autre obstacle car l'adulte demande des choses à l'enfant qu'il ne saisit pas mais qui vont lui permettre de faire cette coupure. L'enfant va désirer l'autre voire ce que veut l'autre. Cette parole s'articule au désir qui ne peut pas se dire. Les soins de la mère à l'enfant portent en eux la marque/le désir de la mère pour son enfant notamment avec la manière dont ils lui sont administrés (investissement de la mère).
D'après Winnicott, une mère suffisamment bonne s'adapte aux gestes et aux besoins du nourrisson. L'enfant peut croire peu à peu à la réalité extérieure qui le différencie de sa mère en supportant l'angoisse. Il existe une zone intermédiaire entre l'objet (la mère) et l'illusion de fusion. Cette séparation se fait par un objet extérieur mais commun au sujet et à l'Autre, c'est l'objet transitionnel (l'exemple du sein, objet oral, est d'abord perçu comme détaché du corps de la mère). C'est au travers des soins qu'une relation de complémentarité parfaite s'élabore, telle une suffisance entre la mère et l'enfant. Or, cet aspect est illusoire, car si complétude il y a, l'angoisse de l'enfant est en prise directe avec la mère. Un autre obstacle à la constitution du Moi, relatif au désir de la mère qui tendrait à considérer l'enfant comme objet de la mère.
Cependant, la fonction paternelle permet la séparation de cette dépendance à la mère car il est important que l'enfant ne représente pas tout pour elle. Topo sur le complexe d'Oedipe : représentation inconsciente du désir sexuel pour le parent du sexe opposé et hostile au parent du même sexe. L'angoisse de la castration est le plus puissant des moteurs de séparation. Pour Lacan, l'enfant cherche à satisfaire le désir de la mère qui est tourné vers l'enfant. Donc l'enfant va s'identifier comme l'objet du désir de la mère, d'où l'angoisse de l'enfant par rapport à la peur de la perte de cette amour pour lui.
Le père représente un rival puisque la mère peut désirer autre chose que lui. Le père est un obstacle dans la relation mère/enfant qui permet la symbolisation de la privation dont la mère est l'objet. C'est ce manque qui introduit l'enfant au désir et c'est dans la parole de la mère que se fait l'attribution du père par son nom (désignation). La substitution du nom du père à la place du désir de la mère renvoie au principe de séparation et rappelle l'interdit entre la mère et l'enfant. Lorsque l'opération de métaphore paternelle n'a pas lieu, le sujet n'accède pas aux dialectiques du désir de relations avec les autres.
De plus, sur le plan structurel, il se trouve dans la névrose. En revanche, si elle a lieu, il est difficile pour l'enfant d'admettre la castration et la frustration. C'est pourquoi, il s'invente des histoires, des fantasmes. L'ordre et les coupures des générations sont indiqués par la parole, ils constituent des valeurs fondatrices pour l'enfant, notamment lorsque la mère reconnaît l'intervention du père.
Quand l'enfant prend la parole, il prend possession en tant que sujet. Il tente ainsi de répondre à ce qu'il pense être le désir de ses parents. La puberté réveille les traumatismes, en particulier avec la reconnaissance des différences sexuelles. Cette phase de la croissance rompt avec la période de l'enfance et se caractérise par un détachement de l'autorité parentale au profit du désir de l'autre (sexe), lequel s'étaye sur un modèle de relation : le transfert. Le sujet ne peut se construire sans l'Autre, sans le manque, sans l'inconscient. Le Moi est le versant imaginaire du sujet.
Chaque sujet s'implique pour lui même afin de s'inscrire dans le social. Le langage précède le sujet et en se produisant au lieu de l'Autre, le langage fait surgir l'Autre. L'origine du langage n'est pas connue, réalité qui nous laisse nous interroger sur cette dimension inatteignable.
Le sujet est désirant parce qu'il est un sujet manquant dès le départ. Le désir est inconscient car il est issu du manque. Il transparaît à travers les demandes du sujet et n'émerge que par des indices (exemple : le lapsus). Le désir se caractérise par des énigmes, des épreuves, de l'agitation et des ratages.
Le désir et ses déclinaisons rendent compte de la constitution du sujet. Quand le sujet est narcissique, il fait état d'une constitution primaire, d'où l'importance de la parole pour le développement du sujet.