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La sociologie se rapporte à une science dont l’objet doit être défini pour construire des théories qui permettront d’obtenir des résultats. Le terme sociologie, vient, d’une part, du grec « logos » qui signifie « le discours organisé, la parole raisonnée ». D’où, l’importance dans la définition (donner une fin) de l’objet d’étude dont l’analyse donnera lieu à l’élaboration de théories scientifiques. D’autre part, le terme « graphi » signifie « la description ». La sociologie, en tant que science qui étudie les phénomènes sociaux, se demande ce qui fait société c.a.d qu’est-ce qui fait que les individus se pensent comme faisant parti d’une société c.a.d d’un groupe complexe composé d’autres individus ? En effet, une société constitue un groupe à la fois complexe et hétérogène.
Il faut faire la différence entre les termes « socius » qui renvoie à une grande zone de superpositions existant entre la société et l’Etat, « demo » qui renvoie à la conception de société au sens politique (les citoyens) et « ethno » qui, quant à lui, se rapporte à l’idée d’un peuple parlant la même langue. La sociologie explique comment les groupes d’individus vont, entre eux et avec plus ou moins d’harmonie et de simplicité, forger un groupe singulier, soit une société. La sociologie cherche donc à savoir comment les groupes vont interagir entre eux ? Parce que nous ne sommes pas dans des causalités simples, il est d’autant plus difficile de rendre compte de la complexité de ces mouvements. L’exercice sociologique est un travail exigeant. Cependant, la sociologie n’a pas le monopole de la pensée complexe. Il n’est pas évident d’analyser les causes de l’évolution de la société française car elles sont multiples, complexes et temporelles. C’est pourquoi, les sociologues vont définir/couper ces évolutions notamment par le biais de l’approche microsociologique. Il s’agit d’étudier un fait social à l’échelle d’une ville, d’un groupe ou d’une catégorie professionnelle. Il n’est pas possible de faire de la sociologie sans aborder un minimum de retour historique. Donc, pour saisir l’état de la société française, il est essentiel de revenir sur ses origines et ses fondations.
La sociologie s’intéresse à l’individu dans sa pluralité alors que, par comparaison, la philosophie considère l’homme comme un principe d’unicité. Plus précisément, la sociologie va étudier les rapports entre les individus et le fait que ces individus soient des individus sociaux c.a.d conditionnés par des normes et des valeurs sociales. Par exemple, la langue est un objet pouvant renvoyer à un ensemble de strates comme familiale, régionale ou relationnelle (le groupe de pairs). Bien que l’individu soit conditionné par des normes et des valeurs, il reste libre dans sa manière de parler et même si son langage renvoie à des codes socioculturels, il existe un socle commun. Donc la sociologie cherche à saisir ce qui rattache un individu à une société. Dans un groupe (Etat, école, famille, travail), les individus sont liés par des relations particulières et ils y développent des interactions singulières. Ce sont ces relations que la sociologie va qualifier. Par comparaison, l’approche juridique va qualifier le cadre de l’institution alors que l’approche sociologique met en exergue le genre de la relation entre les individus à l’intérieur d’une entité (institution ou groupe).
Une des manières d’expliquer et de comprendre est de donner un sens précis/particulier aux mots que l’on utilise comme les termes de groupe ou d’individu. Il s’agit de rentrer dans un vocabulaire spécifique et donc de passer du langage commun à la définition des termes spécifiques en sociologie dans le but d’éviter tout malentendu. Reste que la sociologie tente d’expliquer un morceau de la réalité. Réalité dont la complexité ne peut être saisie que par l’apport des autres disciplines qui tentent, elles aussi, d’exprimer cette réalité. L’objectif étant d’avancer dans le questionnement.
L’étude des faits sociaux (les comportements, groupes, individus) tend à poser la question du « faire société ». Pour tenter de saisir ce qui fait société, la sociologie a tendance à se spécialiser dans des domaines tels que la famille, le politique (la politique renvoie à la conquête du pouvoir et le politique se rapporte à la dimension citoyenne, la manière d’être/de vivre ensemble), la consommation, etc. Les sciences politiques étudient la manière dont les individus font à un moment donné société. Les thèmes en sociologie qui peuvent être utiles pour les travailleurs sociaux relèvent de la sociologie générale, de la famille, urbaine et des organisations (des professions). Dès lors, la question qui se pose est comment ce qui est en question à un moment donné peut intéresser l’exercice du travail social ? La compréhension du contexte est nécessaire pour savoir si la sociologie est utile ou non dans l’analyse des phénomènes. Même si cette science se veut être dans l’analyse, l’explication et la compréhension, reste à saisir la double définition de la sociologie. En effet, il est question d’une science à la fois humaine et sociale.
Il faut différencier l’ethnologie, discipline qui étudie les groupes vivant dans des sociétés traditionnelles/orales, la sociologie, science qui interroge la singularité des relations entre individus vivant dans des sociétés dotées d’écriture, et l’anthropologie sociale, discipline qui étudie ce qui est commun à plusieurs groupes.
Historiquement, la sociologie appréhende des phénomènes d’ensemble, on parle de macrosociologie. La réalité étant complexe, l’approche pluridisciplinaire est nécessaire par saisir ce qui se trouve en jeu ainsi les savoirs se juxtaposent. La science se doit d’être objective pour comprendre les phénomènes. Il s’agit de mettre de côté le sens commun puisque notre expérience ne nous introduit pas à un vécu complet de la réalité mais à une expérience spécifique. La visée est d’envisager la sociologie comme principe d’action et pas seulement comme savoir théorique.
Les tentatives de généralisation de la sociologie se sont étendues à plusieurs domaines. La conception holiste met en évidence le fait que l’individu est totalement déterminé par la société dans laquelle il vit. Une étude sur le langage a montré, qu’avant même de parler, les enfants sont déjà pris dans la fréquence de son de la langue de ses parents. Ainsi, parce qu’il précède les individus, le langage (fait social) agit sur l’individu. La conception individualiste exprime l’idée que l’individu dispose d’une liberté d’action et admet que le moteur de l’individu, c’est l’individu lui-même.