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Questions de définition :
La santé se caractérise par l’état d’une personne dont l’organisme fonctionne bien (cf. Larousse Encyclopédique). Il s’agit de l’absence de maladie.
La maladie se caractérise par l’altération de la santé. La maladie est déterminée par une cause, des symptômes, une évolution, des modalités thérapeutiques soit un pronostic précis.
Le modèle que véhiculent implicitement la médecine moderne et la société technicienne est l’idée que la mort est toujours un résultat d’un processus pathologique. De ce fait, s’il n’y avait pas de maladie, il n’y aurait pas de mort. Il est donc difficile de trouver une définition simple et satisfaisante de la santé. De plus, il ne s’agit pas que d’une simple question de vocabulaire mais plutôt de l’indication que nous sommes en présence de quelque chose de complexe, mouvant et polymorphe.
- Les grecs figurent la santé sous les traits de la déesse Hygie, fille de la médecine curative. Elle s’attire la dévotion par le pouvoir de combattre la maladie. C’est l’idée d’associer la santé avec les soins.
- Les babyloniens considèrent que la maladie s’appréhende comme la conséquence d’un péché (cf. sida, MST).
- Pour les égyptiens, la « maladie châtiment » évolue vers la « maladie accident » liée à une origine externe à l’individu et qui s’explique par la mythologie.
- Du 17ème siècle au 19ème siècle, mise en exergue du modèle biomédical, pour une cause précise, il existe une maladie particulière. Il est question d’une chaîne causale qui relie un organisme/agent pathogène à une maladie particulière (cf. époque de Descartes, Claude Bernard et Pasteur). De plus, l’importance de la lutte contre les maladies infectieuses au 19ème siècle a renforcé cette orientation (quoique ? cf. Faubourg Saint Antoine)
Selon un processus dynamique, la conception de la santé va passer progressivement de valeur négative (absence de maladie) à valeur positive (capital santé = ressource à entretenir/développer). Puis, en fonction de l’évolution des recherches sur la santé, des modèles se développent :
- écologique
- psychosomatique
- anthropologique
C’est le mélange de toutes ces conceptions de la santé dont il faut tenir compte désormais. Chacune laissant une place complémentaire aux autres.
L’approche écologique définit la santé comme un équilibre entre l’homme et son environnement. De plus, elle considère la maladie comme une rupture de cet équilibre. L’épidémiologie est la science qui permet de cibler les interventions sur des populations plutôt que vers des patients individuels.
L’approche psychosomatique va prendre en compte la manière dont l’organisme va réagir au stress mais aussi les effets des facteurs sociaux et culturels sur l’individu.
L’approche anthropologique va considérer la maladie, non plus comme un germe ou une rupture, mais comme une construction entre le modèle (culturel, familial, fondé sur l’expérience) du patient et le modèle scientifique, qui est lui-même modifié par l’expérience clinique du soignant.
- une vision de la santé
- un moment donné
- des niveaux de connaissance/développement
- des valeurs dominantes
Lesquels sous tendent des rapports au social (ex : le saturnisme), au religieux (ex : test du cheveu) et à la politique. Tous ces facteurs influent sur les politiques de santé.
L’idée de se maintenir en bonne santé va progressivement se transformer en « comment augmenter son bien-être ? ». C’est cette idée qui se retrouve au fur et à mesure des évolutions du processus de pensée, notamment dans les conférences et les déclarations de l’OMS et de la Charte d’Ottawa de 1986.
L’OMS est une organisation qui fait partie intégrante de l’ONU. Il s’agit d’un organisme international finalisé par la Charte du 26 juin 1945. L’évolution des représentations vue par l’OMS dès 1946 donne lieu à une définition de la santé : état complet de bien-être physique, mental et social et pas seulement une absence de maladie ou d’infirmité. Les conférences internationales sur les soins de santé primaire de l’OMS permettent d’évaluer la qualité des soins dans le monde.
En 1978 à la conférence Alma Ata, l’OMS demande une action urgente pour protéger et promouvoir la santé. C’est la première fois que le terme de promotion de la santé est évoqué. Le rapport existant entre le malade et le scientifique se complète/s’enrichit avec le rapport aux publics. En effet, si les procédés sont imposés, les effets ne seront pas aussi visibles/probants qu’un travail réalisé avec les personnes. D’où, l’émergence d’un système de santé qui fonctionne avec et pour les gens car les effets non probants des programmes verticaux sont vérifiés.
La conférence d’Ottawa de 1986 a mis au premier plan les concepts de « santé » et de « bien-être » ainsi que l’influence primordiale des déterminants de santé c.a.d les influences qui vont déterminer le bien-être. La société étant un système complexe, reste à saisir que la santé fait partie de ce système. Le développement de l’action participative est prôné. Néanmoins, dès 1978, ces actions se font avec les communautés, soit des groupements d’individus. Puis, elles se réalisent avec les individus eux-mêmes tout en agissant sur les milieux et les déterminants.
Les définitions de la santé se construisent alors en fonction de ces déterminants qui se comprennent comme des complexités liées à :
- une prise en considération globale de la personne et ses réactions avec l’extérieur
- une évolution des concepts
- un accroissement des connaissances
- des déterminants de santé (modifications sociales)
- la société elle-même
Le bien-être constitue une sorte de situation d’équilibre et d’harmonie, il ne connaît pas démarcation rigoureuse. Les termes de « bien-être » et de « mal-être » sont éminemment subjectifs. Ainsi, se mettre d’accord sur ce qu’est le bien-être est irréalisable. L’idée que l’état complet de bien-être physique, mental et social serait le même pour tous les hommes est une généralisation abusive. Reste à relativiser pour un même individu, en fonction du secteur, du moment (maladie chronique) et de la perspective (perception individuelle et collective).
La santé mentale peut être définie comme l’état d’équilibre psychique d’une personne à un moment donné, et qui peut être apprécié à l’aide de trois éléments : le niveau de bien-être subjectif, l’exercice des capacités cognitives (voire capacités émotives et relationnelles) et la qualité des relations avec l’environnement. Par ailleurs, cet état d’équilibre serait le résultat des interactions dynamiques entre des facteurs biologiques, psychologiques et contextuels (cf. Comité de la Santé Mentale du Québec – CSMQ).
Le but du schéma est de mettre en exergue six types de facteurs sauf qu’il n’y en a qu’un qui soit d’ordre sanitaire/biologique. La maladie et les soins sont liés à la sphère sanitaire/biologique alors que la santé est liée à tous les facteurs. De ce fait, les questions en santé publique rejaillissent sur tous les facteurs. C’est pourquoi, l’individu a la possibilité d’agir en tant qu’acteur de sa santé. Les capacités d’adaptation des individus sont des déterminants dont l’équilibre leur assurera une bonne santé. D’après le modèle fermé (hôpital), soit le modèle médical, la maladie est un problème organique qui affecte des individus et qui doit être diagnostiqué et traité par des médecins. C’est le système hospitalo-centré basé sur les soins. Le modèle ouvert, dit global, pense la maladie en tant que phénomène complexe (cf. Descartes) soumis à de multiples influences. Ce modèle met en avant les aspects organiques, humains et sociaux. En conclusion, à tous les niveaux de l’évolution, de la prévention ou de la réadaptation, l’interaction avec différentes professions travaillant en réseau est nécessaire. L’idée de «santé positive » est une utopie essentielle à poursuivre.