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En grammaire, le sujet correspond au sujet du verbe, en d'autres termes il est question de celui qui s'engage par la parole. Le sujet est considéré comme acteur responsable de sa vie. Par opposition, le sujet en médecine est un patient et renvoie à la dimension objective du sujet car il s'agit de le traiter. Depuis la loi du 2 janvier 2002, le patient participe à son rétablissement en donnant son propre avis.
La psychanalyse prend en compte la singularité du patient considéré comme un sujet parlant. Reste à savoir dans quelles mesures l'enfant devient un sujet parlant et désirant ? Sachant que des obstacles vont survenir au cours de la constitution du sujet.
Le sujet se construit à la fois par sa croissance et au travers son éducation, ce qui implique la relation à un désir qui soit celui de quelqu'un. L'enfant est d'abord l'objet d'un désir ou non de ses parents. De ce fait, avant même sa naissance, l'enfant est pris dans un réseau de parenté relatif à un ordre des générations qui, bien qu'il y ait continuité, instaure une rupture (entre la mère et l'enfant) nécessaire mais douloureuse. Avec le choix des nom et prénom, les parents sont quant à eux pris dans un monde de langage et de parole qui les précède eux aussi. Cette dimension langagière relève de la transmission et est représentée pour l'enfant par ses parents. Le parent est assimilé au " grand Autre " car il est le garant de l'ordre symbolique du langage (en précédant l'enfant/sujet).
C'est Otto Rank qui a évoqué le traumatisme de la naissance pouvant être physique, notamment respiratoire donnant lieu à la réalité de la présence de son corps. Néanmoins, on ne peut parler de traumatisme psychique car, sur le développement neurologique, l'enfant n'est pas arrivé à maturité et il n'y a donc pas d'inscription de traumatisme dans le psychique.
La naissance de l'enfant sépare ce dernier de sa mère et l'accouchement marque la première coupure entre l'enfant et une partie de la continuité de l'entité. C'est de la séparation de la matrice que provient un malaise car l'enfant se retrouve propulsé dans un monde instrumentalisé par le langage. L'Autre, dont le désir est énigmatique, a nommé et introduit l'enfant dans un monde puissant et incontrôlable. L'enfant a une connaissance précoce du rôle maternel. Le rôle du père renvoie à la fonction paternelle. La substitution de la présence maternelle peut induire un traumatisme (quelque chose qui fera effet tout le temps). Les besoins au premier plan sont la succion et la préhension, d'où l'ébauche de relations ambivalentes dans le vécu car le Moi de l'enfant n'est pas encore constitué.
Dans un premier temps, la fusion avec la mère et son image/présence vont marquer le rapport de l'enfant à la réalité pour toujours. Le sein nourricier représente le premier objet extérieur, pour Freud le sein est un objet érotique. L'amour de la mère apparaît en s'étayant sur le besoin de satisfaction de nourriture. Au début, l'enfant ne différencie pas le sein de son corps. Or, il remarque que ce sein manque régulièrement et il finit par le situer au dehors. L'enfant considère alors le sein comme un objet chargé d'une partie de l'investissement narcissique, idée qui renvoie au morcellement du corps à l'origine de pathologie orale comme des maladies mentales ou certaines toxicomanies.
Après la naissance, il se produit un chaos des sensations (angoisse, froid, malaise labyrinthique). Un temps d'adaptation est nécessaire pour l'enfant, exemple : le fait de bercer (le mouvement) calme le nourrisson. Le ton est pénible pour la vie organique des six premiers mois car l'adaptation reste insuffisante pour gérer la rupture intra-utérin. Durant les deux premières années, l'enfant est dans une impuissance vitale totale.
L'enfant s'attache à la personne qui lui donne ces soins vitaux, une relation d'amour se développe.L'importance de la relation mère/enfant est marquée par la présence et l'absence de la mère. En effet, les absences de la mère vont permettre les premiers débuts du développement du sujet. La première rupture est le sevrage qui constitue un traumatisme psychique ayant des effets individuels (pouvant mener jusqu'à l'anorexie). Le sevrage laissera dans le psychisme humaine une trace permanente de la relation physique. De ce fait, le changement entendu comme une tension se résout en intention mentale c.a.d en une intention élémentaire mais dont l'attitude reste ambivalente car l'acception et/ou le refus vont prévaloir à moment donné. Remarque : le refus va de le sens d'une tendance morbide/pulsion de mort.
La deuxième rupture se caractérise par les expériences de séparation d'avec la mère (alternance présence/absence dit jeu du ici et là). Pour Freud, le jeu est le renoncement à la colère face au départ de la mère. Une autre interprétation comprend le jeu comme la satisfaction de la colère que l'enfant ressent. Quand le désir s'humanise et s'éveille au langage, le symbolisation primordiale se succède au langage, il s'agit de la chaîne signifiante de la parole et de la pensée. L'enfant étant pris dans un "bain de langage", il est sensible au ton des autres. Ce qui est déterminant/structurant pour l'enfant, c'est la façon dont on lui parle, la manière dont il reçoit/perçoit ce qui lui est adressé ou non ainsi que la façon dont tous ces éléments prennent place les uns par rapport aux autres.