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La folie est l’expérience qui rend les hommes perplexes car elle met en échec un fonctionnement normal de l’être humain voire de la société. La psychologie sociale va chercher à saisir ces complexités. Par exemple, les mouvements de panique d’une foule rendent l’homme étranger à lui-même, d’où l’intérêt d’étudier les mécanismes qui ont une influence sur un groupe d’individus. Ces recherches écartent les explications sur la personnalité individuelle pour mettre en exergue les traits/conduites communes qui opèrent dans certains contextes. Ces études se scindent en deux pôles : l’un relatif à l’explication du comportement/de la psychologie individuelle, l’autre lié aux conduites générales favorisées par un contexte particulier.
L’identité sociale est quelque chose qui se définit par l’ensemble des places qu’on occupe dans la société. Il s’agit de l’ensemble des attributs sociaux objectifs : ce qu’un individu est par rapport aux autres et par ses places dans la société. L’identité sociale est différente de l’identité personnelle c.a.d de la conscience subjective de l’identité ou la perception de la personne par elle-même. Ce concept traite de la reconnaissance de l’appartenance d’un individu à ces ensembles humains, soit de son intégration dans un espace social et, dans le même temps, de la place singulière que chaque personne souhaite tenir dans celui-ci. La notion d’identité sociale traite de la similitude à autrui et de la différence individuelle, de l’équilibre qu’un individu tente de tenir entre visibilité sociale et conformité du groupe.
Elle s’appréhende par les attributs sociaux objectifs : liste des statuts occupés dans la société, valeurs liées aux statuts, implication/investissement de l’individu dans son statut. L’identité sociale comporte trois dimensions : le statut, la valeur et l’implication car elle est liée à l’influence des rôles sociaux. Ceux-ci vont jouer sur des aspects de la conduite des individus. Ils vont placer la personne sur une dimension de statut et placer celle-ci dans une dimension évaluative. Le statut correspond à la place/position de l’individu dans la structure sociale.
Les chercheurs ont tenté de mettre au point des dispositifs de recueil de données de l’identité sociale tels que des listes d’adjectifs, des échelles d’attitudes, des essais autobiographiques ou des inventaires. Ce sont des techniques qui appréhendent les façons qu’ont les individus de percevoir leur propre place dans le monde. L’hypothèse de base est que la conduite d’un individu dépend de son identité, laquelle découle de la position qu’il occupe dans la société. Le Twenty Statements Test de Kuhn et Mac Partland (1954) sert à tester cette hypothèse de base. Ce test consiste à répondre vingt fois de façon différente à la même question qui est : qui suis-je ? Les résultats obtenus montrent que les sujets répondent d’abord en termes de catégorie sociale désignant un rôle, un statut ou une appartenance à un groupe. Après avoir passé en revue toutes ces étiquettes sociales, le sujet donne des réponses subjectives qui concernent leur personnalité, leurs qualités, leurs défauts et leurs désirs.
Lorsqu’un autre auteur, nommé Gordon, utilise en 1958 la même technique en posant à des étudiants quinze fois de suite la question “qui suis-je?”, les réponses les plus fréquentes sont celles qui concernent l’âge et le sexe. Les catégories d’identité sociale, telles que l’âge, le sexe et la profession font parties du concept de soi de l’individu.
Le concept de soi varie en fonction des catégories sociales auxquelles l’individu appartient. Ainsi, l’identité sociale subjective (soit la façon qu’on aura davantage à mettre son statut et son appartenance en avant) varie en fonction de la position sociale objective. Un fait majeur est qu’une situation de minorité produit chez les individus une conscience accrue des catégories sociales qui les rendent minoritaires. Il y aurait donc une distinction entre identité sociale et identité professionnelle. Le reflet de cela serait dans les réponses allant du pôle social au pôle personnel. On classe ainsi en cinq catégories:
les caractéristiques attribuées se référant aux catégories auxquelles appartient l’individu à la naissance ou les fonctions désignées (homme, femme, blanc, noir, français ou autre, classe sociale, en bonne santé ou non)
les positions acquises : les rôles et les appartenances se référant aux rôles parentaux, à l’appartenance politique, à l’occupation professionnelle
les identifications abstraites/existentielles, les convictions idéologiques
les intérêts et les activités intellectuelles et artistiques
les caractéristiques personnelles incluant les valeurs morales : l’autonomie ou le sens de l’autodétermination, la perception de l’unité du soi, l’intégration au niveau personnel et les compétences individuelles
Avec cette typologie, on trouve délimité et défini de façon artificielle mais efficace le champ de l’identité sociale. Les chercheurs se sont intéressés à la signification, qu’avait pour un individu, les composantes sociales de son identité. En d’autres termes, la valeur qu’accorde un individu à ses catégories d’appartenance et s’il les perçoit comme une source d’avantages ou de désavantages. Les attributs personnels étant reliés aux catégories sociales, en en constituant les traits caractéristiques, les chercheurs ont tenté d’explorer cette articulation entre les deux. En 1973, Zavalloni met en avant l’idée que l’identité psychosociale est à concevoir comme un moyen d’appréhension de soi et les valeurs personnelles permettent de donner la mesure des relations entre conscience subjective de l’identité et des attributs sociaux objectifs.