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L’économie est imbriquée dans tous les domaines d’intervention des assistantes sociales, il n’y a pas de suprématie de cette science par rapport aux autres disciplines. Le thème central en économie est donc la notion de marché. Pour les économistes, cette notion prend forme dès lors qu’il y a une offre (vendeur) de biens et/ou de services répondant à une demande (acheteur). De nombreuses activités économiques sont régies par la relation de l’offre et de la demande, on parle alors de demande solvable. Le contrat dit "synallagmatique" (du grec 'synallagma', contrat) ou encore "bilatéral" est une convention par laquelle les parties s'obligent réciproquement l'une envers l'autre (article 1102 du Code civil français). Le modèle classique du contrat synallagmatique est la vente dans laquelle une partie (l'acheteur) s'oblige à payer le prix à une autre (le vendeur) qui s'oblige de son côté à transférer la propriété de la chose. Cette notion, même centrale, est à interroger.
Les marchés existent depuis longtemps et sous des formes qui ont peu variées. Donc si le marché est explicable par le fait qu’il s’agit d’une activité économique, pour quelles raisons la grande distribution a-t-elle coulé par le fond le petit commerce alimentaire ? Or, rien de telles ne s’est passé pour les autres marchés et leur succès perdure. Il y a 15 ans, le gouvernement a lancé une étude menée par des sociologues du CNRS pour comprendre pourquoi le marché ne décline pas ?
Pour saisir cette notion de marché, il faut faire la différence entre les enseignes commerciales nationales et multinationales et les commerçants locaux, qui ensemble constituent le marché économique. Le marché à l’échelle micro (le marché de Carpentras est le plus grand marché provençal) amène plus que de l’économie. Le lien entre producteurs et consommateurs est direct et la mise en scène est théâtralisée. L’aspect artisanal est mis en avant afin d’induire dans l’esprit du consommateur une authenticité du produit. De plus, l’acheteur n’est pas que spectateur car il n’existe pas de hiérarchie entre le consommateur et producteur. Le marché est un monde de citoyens égaux. Les possibilités langagières ne sont pas les mêmes que celles retrouvées en grandes surfaces. Il existe en sorte des codes tacites dans le marché que les consommateurs décodent et acceptent. De la convivialité pour les uns et du formalisme pour les autres. Une étude sur les grandes surfaces Carrefour du département du nord (Lille) a montré qu’aux caisses, le regard des caissiers est en-dessous de celui des clients dans le but de leur montrer que le client domine. Néanmoins, les limites de cette asymétrie se retrouvent à la caisse centrale, où la situation est inversée. Ainsi, l’ergonomie des postes de travail exprime cette hiérarchie tacite.
Dans les marchés locaux, un nombre minoritaire de personne n’achète rien du tout. Ces personnes viennent voir, rencontrer d’autres personnes qu’elles ne verraient pas autrement (cf. Les vendredis de Carpentras, Ed. Fayard, M. De la Pradel). De ce fait, il est nécessaire de disposer de différents regards pour mieux saisir la totalité d’une réalité car ce sont plusieurs réalités qui font système.
Reste à savoir pour quels types de structures les assistantes sociales travaillent et en quoi consistent leurs contributions ? Elles se situent du côté de la production de services. Le service social est introduit dans différents contextes relatifs au monde des organisations. Terme générique employé par l’économie et la sociologie pour désigner l’ensemble des structures où se déroule une activité économique. Si l’économie s’intéresse à la production des biens et des services alors qu’est-ce que produire ? Produire, c’est créer des biens et/ou des services que le nature ne met spontanément à notre disposition. Une organisation est une entité sociale qui peut poursuivre deux objectifs :
produire des biens et des services
prendre le pouvoir politique.